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VotationsLes dégâts de l’huile de palme «détruisent comme un cancer»

Raymond Loretan, président de l’AGEFI, se dit fermement opposé à l’accord de libre-échange avec l’Indonésie. Il raconte ses souvenirs dans la région et notamment les dégâts liés à la production d’huile de palme.

de
Eric Felley
Publié

Pour Raymond Loretan, il faut bien s’engager une fois pour dire non à la détérioration de la planète.

Twitter.

Membre du conseil de fondation d’Avenir suisse, président de l’AGEFI, vice-président d’AEVIS Victoria ou encore président du Grand prix d’horlogerie de Genève, le Valaisan Raymond Loretan est une valeur sûre du libéralisme helvétique. Mais cette fois, il a décidé de s’opposer à l’accord de libre-échange avec l’Indonésie soumis en votation le 7 mars. Le 24 février, il a publié sur sa page Facebook un texte accusateur et sans concession sur les pratiques de la culture d’huile de palme: «Je suis, dans ce cas spécifique, à contre-courant de la philosophie libre-échangiste dominante», écrit-il.

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Et pourquoi? L’ancien ambassadeur évoque les séjours de sa famille à Singapour ou au Brunei. Là-bas il a fait la connaissance de ce qu’on appelle «le haze», une «fumée dense et opaque qui vient d’Indonésie, provoquée par les cultures sur brûlis pour la production d’huile de palme.» Il cite un blog du «Courier international», qui donne une description de la technique locale, qui permet aux paysans de brûler la forêt primitive entre juin et septembre à moindres frais. Ce sont des milliers, voire des millions d’hectares ainsi «cramés» avec le feu qui persiste dans le sol composé de tourbe.

Un décor postapocalyptique

Cela provoque ce brouillard âcre «qui enfume régulièrement pendant des semaines, fait dépérir les Indonésiens à larges feux, avec des taux de pollution inimaginables…» Et pas seulement en Indonésie, mais chez ses voisins: «Lorsque le haze se répand à Singapour, les masques N95 s’arrachent littéralement, les piétons semblent sortis d’une période postapocalyptique… Les rues l’après-midi semblent sorties d’un décor de série Z, où des zombies surgiraient derrière les arbres…»

Avec sa famille, Raymond Loretan raconte avoir vécu plusieurs fois «cette angoissante réalité régionale, où vous vous demandez, en regardant par les fenêtres fermées, si vous n’allez pas inexorablement étouffer. C’est le début de la peur.» Et d’expliquer cette entorse qu’il fait aujourd’hui au principe du libre-échange: «Chacun d’entre nous doit commencer quelque part pour dire non à la détérioration de notre planète… Certes, l’accord de libre-échange limite les dégâts, des dégâts qui n’ont pas d’odeur chez nous… mais qui détruisent comme un cancer là-bas. Nous y étions.»

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