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FootballQuand elle est bien utilisée, la VAR est un sacré outil

La rencontre de Super League entre Servette et Grasshopper (3-2) a été le théâtre, dimanche, de nombreuses scènes délicates à arbitrer. Ce qu’a bien fait M. Jaccottet.

de
Chris Geiger
Publié

Adrien Jaccottet et la VAR ont eu beaucoup de travail dimanche à Genève.

Freshfocus

Oui, un lundi sans polémique arbitrale, ça existe. Pourtant, la tâche d’Adrien Jaccottet était tout sauf aisée dimanche au Stade de Genève lors de la victoire de Servette contre Grasshopper (3-2). Arbitre international depuis 2011, le Bâlois de 38 ans a ainsi eu plusieurs actions litigieuses à juger lors de cette rencontre comptant pour la 14e journée de Super League. Bien épaulé par l’assistance à l’arbitrage vidéo (VAR), l’homme en noir a évité tous les pièges. Décryptage en six temps.

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32e minute

Grejohn Kyei profite d’une bonne remise de Miroslav Stevanonic pour ouvrir le score à La Praille. Parti à la limite du hors-jeu, l’attaquant français remporte son face-à-face avec André Moreira. Un léger doute plane toutefois sur la position du buteur grenat au départ de l’action, mais l’ancien joueur du Stade de Reims était bel et bien couvert par l’arrière-garde des Sauterelles. But logiquement accordé.

41e minute

M. Jaccottet désigne le point de penalty à la suite d’un duel entre Allan Arigoni et Grejohn Kyei et avertit le défenseur zurichois. «La VAR intervient car le joueur de GC joue correctement le ballon et ne touche pas Kyei, analyse Christophe Girard, chef de la commission des arbitres de l'ASF. C’est logique d’intervenir et d’annuler la sanction qui découle de cette décision car tant le défenseur que l’attaquant touchent le ballon. Le contact entre les deux joueurs et le tacle du défenseur sont parfaitement corrects.» L’arbitre revient donc sur sa décision et annule le penalty ainsi que l’avertissement brandi à Arigoni. Penalty logiquement refusé.

46e minute

Positionné à l’orée de ses propres 16 mètres, Christian Herc contre de la main un centre de Gaël Clichy. M. Jaccottet n’intervient pas et laisse l’action se poursuivre. Sur la contre-attaque, Kaly Sène trompe Jérémy Frick et égalise momentanément pour Grasshopper. Heureusement pour Servette, la VAR vole à nouveau au secours de l’homme en noir.

«Je peux concevoir que ça peut paraître long, concède Christophe Girard. Mais l’arbitre indique d’entrée à la VAR qu’il y a peut-être quelque chose à contrôler. Cette dernière constate alors l’infraction commise par le joueur de GC et indique à l’arbitre qu’il doit corriger sa décision.»

Pourtant, la faute de main ne fait pas partie des quatre critères pouvant entraîner une intervention de la VAR. «En l'occurrence, la main est soupçonnée d’avoir eu lieu dans les 16 mètres et le penalty fait partie des quatre cas de figure pouvant nécessiter l’intervention de la vidéo, poursuit le Vaudois. Cette dernière a dû déterminer si la main était dans la surface de réparation. Si la faute de main avait eu lieu au milieu du terrain, la VAR ne serait effectivement pas intervenue.»

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Dès lors, peut-on qualifier la situation comme étant ambiguë? «Non, elle correspond au protocole de la VAR, rappelle le chef des arbitres. Il y a bien une situation irrégulière et une infraction commise par un joueur. Cette situation a été résolue de manière correcte.» But logiquement refusé.

La VAR «plombe» les arbitres

Si l’ensemble du corps arbitral a brillé dimanche lors du duel entre Servette et Grasshopper (3-2), Adrien Jaccottet a été «sauvé» à plusieurs reprises par ses collègues de la VAR. Mais ces coups de pouce auront un impact sur la note de l’officiel bâlois.

«Les arbitres savent qu’ils seront sanctionnées au niveau de la note s’il y a intervention de la VAR, mais ils ne se montrent pas pour autant réticents à ce qu’elle intervienne, promet Christophe Girard. M. Jaccottet, qui est un arbitre international en fin de carrière, ne se soucie pas de ses notes. Ces dernières n’ont plus d’importance à ce stade de sa carrière. Des points lui seront évidemment retirés par les inspecteurs selon les critères définis, mais c’est simplement un mode de fonctionnement interne. Il n’y a pas de réel impact sur les arbitres et leur classement.»

Pas certain que Luca Piccolo partage cet avis, lui qui a été «relégué» en Challenge League durant un mois suite à sa prestation en demi-teinte lors d’un match opposant Saint-Gall à Servette.

49e minute

Gaël Clichy s’applique pour centrer et voit son ballon à nouveau être stoppé par une main d’un défenseur adverse, en l'occurrence celle de Georg Margreitter. M. Jaccottet n’hésite pas et accorde un penalty aux Grenat, le central autrichien se tenant sans discussion possible dans les 16 mètres. «La position de la main du défenseur n’est pas naturelle, confirme Christophe Girard. Elle est en angle droit devant lui et, comme par hasard, sur la trajectoire du ballon. Il n’est ni en train de faire une parade militaire, ni en train de marcher au pas (rires). C’est donc un penalty clair. Et ce, même si le ballon avait d’abord ricoché sur son pied.» Penalty logiquement accordé.

56e minute

Kaly Sène perfore balle aux pieds l’arrière-garde servettienne, avant d’être stoppé abruptement par Vincent Sasso dans la surface de réparation genevoise. «Dans le règlement, l’excès d’engagement n’existe pas, rappelle le chef de la commission des arbitres de l'ASF. Le défenseur prend tout dans son intervention, même la jambe principale de l’attaquant. Il s’agit d’une intervention non maîtrisée et d’une faute dangereuse. Le défenseur ne peut pas jouer le ballon sans jouer l’homme.» Penalty logiquement accordé.

79e minute

A l’image de l’ouverture du score signée Grejohn Kyei, les attaquants servettiens flirtent avec la limite du hors-jeu sur cette action. Passeur décisif pour le buteur français, comme sur le premier but grenat, Miroslav Stevanovic se trouve sur la même ligne que l'arrière-garde des Sauterelles lorsqu’il est lancé en profondeur. But logiquement accordé.

Particulièrement sollicité dimanche au Stade de Genève, le corps arbitral s’est montré convaincant dans son ensemble. Il a surtout offert une belle publicité à l’arbitrage et à la VAR, redorant ainsi le blason d’une entité récemment marquée par plusieurs camouflets.

«Ça montre que nos arbitres peuvent faire des erreurs et qu’ils continueront à en faire, rappelle Christophe Girard. Ça prouve surtout que la VAR est utile lorsqu’elle est correctement utilisée selon les directives. Lors de ce match, il y a effectivement eu beaucoup d’interventions de la VAR pour corriger des erreurs initiales. Grâce à ça, on a simplement eu l’exemple d’une VAR utilisée à bon escient, pour le bien du football. L’équité du football a été respectée.»